Ouvre ton éditeur de code préféré et regarde qui a vraiment fabriqué l'IA à l'intérieur. Pas le logo de la boîte dans la barre d'outils — le modèle qui fait le boulot. Tu risques d'être surpris.
Il y a six mois, la réponse était simple. Copilot tournait sur OpenAI. Cursor tournait sur OpenAI. Claude Code tournait sur Claude. Marque égale modèle. Tu choisissais un outil, et tu savais à quelle IA tu confiais ton code.
Avril 2026 : la chaîne d'approvisionnement a explosé
Cursor 3 avait déjà posé le décor. Le 2 avril, il a lancé Composer 2, un agent de génération de code construit sur Kimi K2.5 — un modèle de base de Moonshot AI, une startup chinoise dont la plupart des développeurs occidentaux n'ont jamais entendu parler. Cursor a pris ce modèle et l'a affiné avec quatre cycles de RL (reinforcement learning — la méthode d'entraînement où l'IA apprend par essai-erreur plutôt qu'en mémorisant des exemples). Le résultat fonctionne bien. La provenance soulève des questions que personne ne pose encore.
Deux semaines plus tard, le reste de l'industrie a suivi.
Le 14 avril, GitHub a activé un sélecteur de modèles dans Copilot. Les utilisateurs peuvent désormais choisir Claude — Sonnet 4.5, 4.6, Opus 4.5, 4.6 — juste à côté des agents Codex d'OpenAI. C'est l'outil que Microsoft a construit sur un investissement de 13 milliards de dollars dans OpenAI, qui sert maintenant le concurrent principal de son investisseur à égalité de traitement. Deux jours plus tard, le 16 avril, GitHub a déployé Claude Opus 4.7 sur les offres Pro+, Business et Enterprise. Le dernier modèle d'Anthropic, dans le produit de Microsoft, accessible aux clients payants dès le jour du lancement.
Le 15 avril, OpenAI a sorti un truc encore plus bizarre. Leur Agents SDK — le framework pour construire des agents IA — inclut désormais une intégration LiteLLM supportant plus de 100 modèles concurrents. OpenAI a construit la plomberie officielle pour remplacer OpenAI.
Qui a fabriqué ton modèle ?
Le schéma est clair et tordu. Le joyau de Cursor tourne sur un modèle de base chinois. Microsoft distribue Anthropic via le produit qu'il a financé avec l'argent d'OpenAI. OpenAI fournit la sortie de secours pour s'échapper de lui-même.
Ce n'est pas la liberté multi-modèle. C'est la fragmentation de la chaîne d'approvisionnement.
Quand Composer 2 génère du code à partir de Kimi K2.5, qui est responsable si le résultat contient des patterns issus des données d'entraînement du modèle de base ? Cursor, qui l'a affiné ? Moonshot AI, qui l'a construit ? Personne n'a tranché. Le menu déroulant te donne le choix du moteur sans te fournir la carte de provenance ni le détail des données d'entraînement.
Il y a six mois, ton éditeur choisissait le modèle, ce qui voulait dire que ton éditeur assumait la responsabilité. Maintenant tu choisis dans un menu, et la chaîne de responsabilité se fragmente entre entreprises, pays et jeux de données que tu ne verras jamais.
L'effondrement de la marque
Le logo sur ton éditeur de code avait valeur de garantie technique. « C'est nous qui avons construit l'IA » signifiait quelque chose en termes de contrôle qualité, de curation des données d'entraînement et de tests de sécurité. Cette promesse s'est évaporée ce mois-ci.
Ce qui l'a remplacée, c'est du commerce de détail. Cursor est un magasin qui stocke des modèles de San Francisco et de Pékin. Copilot est une vitrine où Microsoft place le produit de son concurrent à côté de celui de son partenaire. La marque ne signifie plus que l'UX et la profondeur d'intégration — plus l'origine du modèle.
Ce que ça veut vraiment dire
Le menu déroulant de modèles ne t'a pas donné la liberté. Il t'a refilé une chaîne d'approvisionnement que tu dois maintenant comprendre toi-même. Quel modèle traite ton code propriétaire ? Où a-t-il été entraîné ? Qui l'a affiné, et sur quelles données ?
C'étaient les questions du fournisseur. En avril 2026, elles sont devenues les tiennes.
Ouvre ton éditeur de code. Regarde ce menu déroulant. Tu ne choisis plus un modèle — tu choisis une chaîne d'approvisionnement. Et personne n'a mis d'étiquette sur ce qu'il y a dedans.



